17 de avril de 2024

Le chemin du Monte Cincho ajoutera l’expérience virtuelle d’un oppidum celtique

La mairie d’Arnuero engage des services de prospection archéologique sur le Monte Cincho, dans le but de dater la période durant laquelle un ancien village celte a été actif et de documenter ses caractéristiques constructives et sociales. La prospection archéologique sera réalisée par Rubén San Cristóbal Ruiz, de l’entreprise « Archéologie et Patrimoine culturel », pendant une période de 4 mois à compter de l’obtention de l’autorisation du service Patrimoine du ministère de la Culture.

Le Monte Cincho, à Arnuero, a abrité dans le passé l’un des plus importants oppida celtiques – des villages fortifiés de l’époque préromaine et de l’Âge du Fer – du littoral cantabrique. Partant de cette prémisse, étayée par de nombreuses sources documentaires, la mairie souhaite en savoir davantage sur les caractéristiques et l’étendue de ce site ancien, avec l’ambition de parvenir à développer un parcours numérisé contenant toutes les informations sur l’implantation grâce à la réalité augmentée.

Les travaux d’exploration de surface – sans aucune fouille – se concentreront sur l’environnement du sommet, un plateau presque plat, où l’on repère l’existence des vestiges de l’ancien oppidum celtique. C’est ce qu’a recueilli le travail de l’archéologue Leopoldo Fernández Agüero, qui a publié un article sur l’oppidum du Cincho, dans le livre « Castros y Castras en Cantabria », édité par l’Association Acanto. Dans le même, il explique comment on observe clairement des traces de l’effondrement du rempart dans certaines zones du sentier menant à la montée vers le mont.

Ces informations ont suscité l’intérêt de l’Exécutif communal, conscient que ce massif, en raison de sa situation, a pu jouer un rôle fondamental dans l’histoire passée des habitants d’Arnuero, et qu’il est possible que nous soyons face à l’un des oppida les plus importants du littoral cantabrique.

La proposition de Rubén San Cristóbal s’est concrétisée par l’attribution de travaux qui comprendront à la fois une prospection visuelle – sur un terrain d’environ 45 hectares – et une prospection géomagnétique (permet d’explorer les premiers mètres du sous-sol) sur une surface plus ciblée de 10 hectares. Un travail nécessaire pour déterminer l’étendue réelle du site, la possibilité d’existence de vestiges et établir d’éventuelles caractéristiques de l’oppidum disparu. La prospection permettra également d’affiner la datation historique de l’oppidum, que Fernández Agüero, dans son article, situe à un moment de l’Âge du Fer.

Après la collecte et l’interprétation des données, ainsi que la géolocalisation des vestiges de la zone fortifiée, les résultats seront consignés dans un projet et une étude typologique, afin de créer, déjà dans une seconde phase, une documentation en trois dimensions. L’objectif n’est pas de mettre au jour d’éventuels vestiges archéologiques, car nous nous trouvons dans un espace naturel protégé où il n’est pas possible de couper les chênes verts ni de réaliser une reproduction « in situ » de l’oppidum. L’objectif final est de le recréer grâce à la réalité virtuelle ; à cette fin, une entreprise sera chargée d’élaborer un outil numérique informatif permettant de visualiser une simulation de l’oppidum en trois dimensions.

L’idée initiale envisagée consiste à signaler deux ou trois points le long du sentier où seront placées des plaques d’information et des codes QR, permettant d’observer l’oppidum celtique en réalité augmentée. L’un des points peut reproduire la zone fortifiée et l’ensemble du village, un autre reconstituer à quoi ressemblaient les maisons de cette époque, et un troisième expliquer comment la vie sociale était organisée : s’ils disposaient d’une place ou d’un forum, ou de services communs. Ce n’est que dans le cas où la prospection mettrait en évidence des vestiges pertinents pour l’archéologie qu’une fouille pourrait être envisagée dans un espace réduit, sans causer d’atteinte à l’environnement et compatible avec la conservation de cet espace naturel.