12 de juillet de 2025

CHRISTÓBAL TORAL REVIENT À L’OBSERVATOIRE DE L’ART D’ARNUERO.

L’Observatoire de l’Art d’Arnuero propose, du 11 juillet au 17 août, une des expositions les plus importantes que l’on pourra visiter cet été en Cantabrie.

Vingt ans après avoir exposé à Arnuero, Cristóbal Toral revient avec ses valises, pour nous présenter « Le voyage de notre temps », avec une sélection de 12 œuvres qui, de 1980 à 2022, conservent le même fil conducteur constant dans la création de Toral : la migration et le voyage.

« Estación de Ucrania » (2022) Huile sur toile, 50 x 62,5 cm

Un voyage rempli d’allégories et de nuances, de mystères, de bruits et de silences, mais aussi de vie et de mort. Toral, dès les débuts de sa longue trajectoire artistique, s’est concentré sur ce passage vital : tantôt en dénonçant les injustices de l’immigration, tantôt en nous mettant en garde contre les exodes provoqués par les conflits armés, et parfois en dévoilant des scènes dans lesquelles chacun de nous peut se sentir concerné.

Pour nous révéler son message, l’artiste fait même des protagonistes jusqu’aux bagages et aux valises, sans avoir besoin de faire intervenir la figure humaine. Car, comme le disait José Saramago, « le voyage ne se termine jamais. Seuls les voyageurs se terminent. Et eux aussi peuvent subsister dans la mémoire, dans le souvenir, dans la narration. Le but d’un voyage n’est que le début d’un autre voyage ».

L’exposition intégrera une sélection soignée d’œuvres de différentes années dans lesquelles Cristóbal Toral insiste sur le même thème : les bagages, les valises et la solitude. De « Empaquetado para viajar » (1980) à « Estación de Ucrania » (2022), nous découvrons diverses œuvres qui, de manière singulière, réinterprètent ce qui est presque devenu, pour l’artiste, une obsession. D’ailleurs, l’artiste publie lui-même en 2003 le livre « La vida en una maleta. Autorretrato de un pintor » : un ouvrage qui est en quelque sorte une autobiographie, dans laquelle il nous raconte lui-même pourquoi certaines de ses thématiques préférées, et, parmi elles, sa passion pour les valises — ce que le titre même atteste —, ainsi que d’autres éléments du voyage tels que les gares, les trains, et, en arrière-plan, ces femmes tristement seules.

À cette occasion, sous le titre « Le voyage de notre temps », Toral nous invite à visiter ce voyage qu’il a partagé pendant plus de 40 ans avec ses valises, qui envahissent tout : une chambre, un wagon de train ou même un vaste paysage de montagnes. Onze toiles et une sculpture, où les valises, les emballages et les effets prêts à quitter leur demeure habituelle — généralement des chambres modestes de maisons presque inhabitées. Et, à côté de cet amas de valises, d’autres icônes de sa création plastique : les femmes solitaires qui prennent, en douce, un rôle de premier plan dans les œuvres, toujours dans une attitude d’attente, et parfois frôlant le désespoir ou la tristesse la plus profonde. Le dernier thème qui revient aussi de façon répétée, ce sont les gares et les wagons de train, désormais non pas remplis de valises, mais de passagers qui contemplent ces bagages abandonnés sur le quai. Le peintre transpose cette métaphore aux moyens de transport les plus modernes dans son œuvre « En el aeropuerto » (« À l’aéroport »), où le tapis roulant dépose des dizaines de valises autour d’une femme solitaire, bras croisés, attendant on ne sait quoi. Toral n’oublie pas non plus de faire sa propre réflexion sur l’un des épisodes les plus sanglants de la Europe moderne : et ainsi, dans « Estación de Ucrania », le train — rempli de passagers — passe indifférent devant un quai plein de bagages, et cette fois aussi de corps étendus, qui, de manière sévère, composent le paysage de ceux qui n’ont pas pu arriver à temps, tristement et injustement, pour monter dans le train de la vie.

Installation exposition avec Cristóbal Toral